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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 08:00

Revue de presse de campagne...

Article paru sur Actu Toulouse.fr le 12 mai 2009

En campagne à Saint-Gaudens, Louis Aliot, tête de liste Front National dans le Grand Sud Ouest aux européennes, réagit à l’actualité, notamment concernant la polémique sur la récupération de Jaurès par son parti. 

Pourquoi avoir choisi Saint-Gaudens comme premier déplacement en Haute-Garonne ?
C’est la capitale du Comminges, un endroit encore paysan. Ici, on fait des scores supérieurs à d’autres endroits, c’est un terrain avec une tradition plus à droite que le reste de la Haute-Garonne.

Pourquoi s’intéresser à ce côté paysan ?
Parce que j’en viens. Ici on voit les paysages changer et les villages se vider avec une orientation économique centrée sur le tourisme. Le tourisme est une économie de pays sous développé, nous on fait la course inverse. On est un pays développé qui se dirige vers le sous développement. Il aurait été plus pertinent par exemple de construire le cancéropôle dans le Comminges plutôt qu’en zone urbaine, sur un site pollué, et pour des raisons bassement électoralistes.

En 2004, seul Jean-Claude Martinez a été élu pour le Front National et il sera présent face à vous pour ce scrutin. Avez-vous des chances d’être élu ?
Martinez, on ne le voit pas, ce n’est pas un paysan. Comme tous les dissidents du Front il fera entre 0,1 et 0,3 %. A Sète pour les législatives, tout Martinez qu’il est il n’a fait que 6%. Aujourd’hui si vous n’avez pas d’étiquette vous n’existez pas.

Y-a-til la place pour plusieurs droites nationales sachant que le MPF et CPNT font liste commune ?
Les chasseurs dans notre région sont essentiellement de gauche, sauf Jean Saint-Josse. Ils ne sont pas du tout de l’alliance avec Villiers, cette alliance, c’est celle de la carpe et du lapin.

Vous ne pourriez donc pas travailler avec le MPF au Parlement ?
Seulement sur certaines questions si le contrat est clair, concernant l’indépendance de la France et le retour aux frontières. On ne peut pas se contenter d’une opposition stérile à la majorité et se faire élire en Vendée avec les voix de l’UMP.

Avec le nouveau vote à la mairie de Perpignan, ne sera-t-il pas difficile de mener deux campagnes de front ?
Au contraire, si le FN fait entre 12 et 15% aux municipales, cela peut nous booster pour les européennes.

Mercredi 22 avril, une réunion était organisée à l’IEP de Toulouse avec les principales têtes de liste. Pourquoi n’y étiez-vous pas ?
Vous me l’apprenez, je n’ai pas été invité. Cela ne m’étonne pas, Jean-Marie le Pen y est vu comme un dangereux fasciste.

Votre campagne sur Jaurès ne risque t-elle pas d’effrayer votre électorat ?
Pas du tout, la phrase de Jaurès « A celui qui n’a plus rien, la patrie est son seul bien » est éminemment d’actualité contre l’Europe.

Jaurès était pourtant internationaliste…
Je ne dis pas qu’il était nationaliste, il était défenseur de la cause ouvrière et nous y sommes sensibles. Ce n’est pas plus abominable pour le FN de reprendre Jaurès, que de voir Georges Frêche reprendre De Gaulle.

Vous avez déclaré qu’il fallait séquestrer les élus en place plutôt que les patrons. Que ferait Louis Aliot, député européen, s’il était retenu par ces mêmes salariés ?
Je l’accepterais et je dénoncerais les politiques qui ont mené à cette situation, tels que Monsieur Malvy qui déclare que « si les entreprises françaises ne sont pas compétitives, c’est leur problème ». J’appellerais à un retour aux droits de douanes pour empêcher les délocalisations, comme celles que veut faire Airbus aux Etats-Unis.

N’est-ce pas revenir au protectionnisme ?
L’Europe a été construite en partie là-dessus, le traité de Rome c’est la préférence européenne.

Comment réagissez-vous au retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN ?
C’est la fin de la tradition de l’indépendance française qu’il faut pourtant garder. C’est comme la politique de défense européenne, celle qui est envisagée n’est pas possible, nous pouvons avoir une collaboration avec d’autres armées, mais pas être commandés par des militaires étrangers.

Que pensez-vous de la volonté des élus européens d’empêcher M. Le Pen de présider la prochaine session du Parlement en tant que doyen d’âge ?
On se focalise sur le fait qu’un homme sans responsabilité politique préside une séance sans la diriger. On est tout de même endroit de s’interroger sur le fait que c’est un Allemand qui est à l’origine de cette demande. On peut se demander ce que le père de M. Shultz faisait pendant la guerre.

Devait-il réitérer ces propos sur les chambres à gaz ?
Jean-Marie Le Pen est un anarchiste de droite, on ne peut l’empêcher de dire ce qu’il pense. Personnellement je ne partage pas ce qu’il dit, mais c’est aberrant de se concentrer là-dessus.

Le FN peut-il survivre sans Jean-Marie Le Pen ?
Oui, je pense car le Gaullisme et le mitterrandisme ont survécu à leur fondateur.

Survivra-t-il parce qu’il aura le même nom à sa tête ?
C’est possible, mais pas avec la même manière de diriger. Par exemple, la vision de la seconde guerre mondiale n’est pas la même que celle du président actuel. Notre génération n’a pas connu tout ça, elle n’a pas les mêmes références.

Propos recueillis par Jean-Paul Cohade, Yann Desnoue et Paul Périé pour Actu Toulouse.fr.

Par Louis Aliot - Europe 2009 - Publié dans : Revue de presse de campagne - Communauté : Louis Aliot
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