Lundi 1 juin 2009
1
01
/06
/Juin
/2009
08:10
Alors que l’Etat français a toujours
refusé de financer le LGV, ce projet de ligne à grande vitesse vital pour les décennies à venir dans le Sud-Ouest, préférant confier cela à l’européisme technocratique bruxellois, qui a renvoyé
l’affaire entre les mains des collectivités territoriales, voilà que l’on apprend que le projet risque bien d’être mort-né.
Comme le soulignait, à juste titre, Louis Aliot lors du grand débat organisé par le journal Sud-Ouest le 19 mai dernier, « C'est à l'État de prendre en charge ce genre d'équipements
collectifs. Il faut arrêter de tergiverser. Le malheur de ce pays, c'est la querelle des politiciens qui nuit quelquefois à ce genre d'investissements ».
Or, c’est- justement l’inverse que nos gouvernants ont choisi comme option dans cette affaire, remettant entre les mains d’euro-technocrates une décision qui leur appartenait. Résultat : englué
dans des discussions politiciennes de partenariat public-privé, le futur LGV Sud-Ouest risque de ne jamais voir le jour ou alors dans un futur très éloigné...
Les représentants de l’Etat dans les Pyrénées atlantiques et en Aquitaine viennent de recevoir de Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, et Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux
Transports, un ordre leur intimant de cesser « toute réunion de concertation au sud de Bayonne», ce qui signifie de fait l'abandon des études sur la création d'une nouvelle ligne à grande vitesse
en direction de l’Espagne via le Pays basque français.
Alors qu’il aurait fallu que l'Etat français se concentre financièrement sur ce tronçon Bordeaux-Hendaye de la LGV Sud-Europe-Atlantique (avec un éventuel partenariat avec l'Espagne et le
Portugal, à l'image d'Airbus qui est un authentique et très efficace partenariat inter-étatique), voilà que la technocratie bureaucratique en a décidé autrement : La LGV qui part du Portugal
vers le nord de l'Europe serait ainsi interrompue une fois arrivée à Hendaye.
Les démarches pour définir le périmètre d'étude entre Bayonne et Hendaye étaient en fait suspendues depuis le mois d'avril, puisque les collectivité territoriales, censées cracher au bassinet
pour financer initialement ce projet, se refusaient légitimement à se substituer à l’Etat français.
Par Louis Aliot - Europe 2009
-
Publié dans : Transports
-
0
Lundi 11 mai 2009
1
11
/05
/Mai
/2009
11:19
Symbole de la «
réussite » très médiatisée de « l’Europe qui marche », le projet de train à grande vitesse (LGV) qui doit irriguer le Sud-Ouest dans la décennie semble très sérieusement en panne. Devant les
légitimes réticences de nombre collectivités locales appelées à participer à son financement de quelque 15 milliards d'euros, inédit par son ampleur, la Ligne à grande vitesse du Sud-Ouest de la
France risque bien de rester à quai encore un petit bout de temps.
Selon L’Indépendant et La Dépêche, Francis Idrac, préfet d'Aquitaine en charge de coordonner ce LGV-Sud-Europe Aquitaine (LGV-SEA), évoque
aujourd'hui un « nombre trop important » de cas où les collectivités délibères sous conditions pour mener à bien ce programme. Et du côté de Matignon, on entame d’ultimes discussions pour
parvenir à un accord « d'ici la mi-juillet » afin d'organiser « à l'automne le deuxième tour des négociations entre RFF (Réseau ferré de France) et le concessionnaire ». Aussi, les sociétés
Bouygues, Eiffage et Vinci sont déjà sur les rangs.
De plus en plus d’élus locaux refusent de porter l'entière responsabilité de ce retard qui s’accumule en invoquant le fait que les infrastructures ferroviaires nationales ne relèvent normalement
pas de leurs compétences. Ce projet LGV-SEA est constitué d'un tronçon central (Tours-Bordeaux) assorti de trois branches : Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne (prévu pour 2018-2020),
regroupées sous l'appellation Grands projets du Sud-Ouest (GPSO) et Poitiers-Limoges (mise en service en 2016). Or, il s’avère que tous ces dossiers sont menés de front, mais avec des calendriers
et des modes de financement différents, qui restent à préciser. Autant dire que tout cela part dans tous les sens… et on se demande bien à quoi peut servir un « coordinateur », tout préfet qu’il
soit, devant un tel capharnaüm.
Le gouvernement attendait pour fin janvier l'engagement des collectivités sur un protocole d'accord financier portant sur 25% du programme. Or, les uns et les autres se renvoient la patate chaude
: ainsi, Alain Rousset, président socialiste de la région Aquitaine, le plus gros contributeur à hauteur de 600 M d’euros au total, renvoie l’affaire à Fillon, le Premier ministre. Quant au
président de la SNCF, Guillaume Pépy, il rappelle que ce projet, considéré comme « vital », pourrait se voir doubler par d'autres, actuellement menés en Bretagne ou dans le Sud-Est, asséchant
alors les capacités de financement.
Voilà qui augure une longue mise à quai du LGV, à la fois essentielle médiatiquement et politiquement symbolique au moment où Sarkozy et son gouvernement peinent à émerger favorablement dans
l’opinion. En tout cas, il apparaît clairement comme une évidence que la date d’échéance de 2016 ne sera pas respectée…
Et pour convaincre les récalcitrants, le préfet Idrac évoque la possibilité offerte aux collectivités d'emprunter à un taux préférentiel. En période de crise économique aiguë, de resserement des
budgets, cela promet de belles hausses d’impôts dans le Sud-Ouest… à moins que ce haut fonctionnaire de l’Etat ne mette en œuvre son ultime menace : la suppression de certaines
dessertes.
En somme, non seulement le projet LGV ne verra pas le jour de sitôt, non seulement les contribuables locaux du Sud-Ouest devraient être largement mis à contribution comme de parfaites vaches à
lait, mais en plus, nombre de gares viendraient à disparaître, pénalisant de fait plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes.
Par Louis Aliot - Europe 2009
-
Publié dans : Transports
-
0
Mardi 17 février 2009
2
17
/02
/Fév
/2009
09:25
Cette ligne à grande vitesse devait être le symbole de l’euro-régionalisme transfrontalier franco-espagnol, un exemple « européen » à suivre partout ailleurs dans un
esprit typiquement supranational. Un événement qui devait être lancé au même moment que les élections européennes… tout un symbole ! Dans les faits, c’est un fiasco. Et devinez un peu qui paiera
les pots cassés !
Peu s’en souviennent, mais l’idée est née en juin 1976 et, en 1987, le président de la Généralitat de Catalogne lançait le projet d'une ligne TGV Barcelone-Montpellier, espèrant l’obtenir pour
les JO de Barcelone en 1992...
Il y a cinq ans, seulement, ministres et techniciens avaient annoncé une liaison en 40 minutes. Résultat : plus de 3 ans de retard et un tunnel inutilisable. En janvier dernier, l'aveu du patron
de la SNCF Le président de la SNCF Guillaume Pépy précise que la gare TGV de Perpignan ne sera opérationnelle qu'en 2011 et qu'au printemps 2010 des trains pourront circuler vers Figuères en 30
minutes. Qu'un changement de train est possible ensuite entre Figuères et Barcelone pour une heure trente de trajet.
En mai 2004, le projet transfontalier devait permettre de relier Perpignan à Barcelone en moins de 40 minutes en perçant deux tunnels à travers les Pyrénées En juin 2006, moins de deux ans avant
l'inauguration officielle, fixée au 17 février 2009, le gouvernement annonçait déjà un retard prévisible, en dépit des déclarations de bonnes intentions avancées par le ministre des Transports,
un an plus tôt, Dominique Perben. En novembre 2007, si les tunnels étaient enfin terminés, tout le monde savait que la ligne Perpignan-Figuères, qui se terminerait dans les temps, ne servirait à
rien... ce qui n’empêcha pas les ministres de s’autocongratuler !
Et en janvier 2009, le président de la SNCF Guillaume Pépy reconnaissait que la gare TGV de Perpignan ne serait opérationnelle qu'en… 2011 et qu'au printemps 2010 des trains pourraient circuler
vers Figuères en 30 minutes. Aussi, prévoit-il un changement de train entre Figuères et Barcelone pour une heure trente de trajet…
En mars prochain, à défaut d’avoir une ligne à grande vitesse, on prévoit l’ouverture du débat public pour la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, au Corum à Montpellier sur le thème « Les
attentes européennes, internationales et régionales ». D'autres réunions publiques du même genre auront lieu dans le Sud-Ouest : le 19 mars à Narbonne, le 25 mars à Perpignan, le 2 avril à
Béziers, le 14 avril au Cap d'Agde, le 23 avril à Nîmes, le 29 avril à Pézenas, le 6 mai à Sète, le 14 mai à Clermont-l'Hérault, le 11 juin à Alès, le 18 juin à Carcassonne, le 25 juin à
Montpellier pour la clôture.
A défaut d’avoir une ligne à grande vitesse qui fonctionne vraiment, on débat publiquement… C’est çà le quotidien de l’européisme des technocrates !
Par Louis Aliot - Europe 2009
-
Publié dans : Transports
-
1
Derniers Commentaires