Le Front national mise sur la crise
EUROPÉENNES. Les lepénistes se contenteraient d'un statu quo en juin
Article paru dans Sud-Ouest le dimanche 22 février 2009
« Nous sommes conscients d'être des convalescents très affaiblis par nos résultats à la présidentielle comme aux législatives. En outre, la diminution du nombre de sièges du fait de l'arrivée de nouveaux pays va rendre plus serré encore l'enjeu de ces élections européennes. Notre objectif est néanmoins de faire aussi bien qu'au précédent scrutin en 2004 », confie Louis Aliot.
Le secrétaire général du Front national, tête de liste pour la grande région Aquitaine Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon, était de passage hier à Bordeaux pour lancer sa campagne. Exsangue financièrement, le FN est au pied du mur et doit impérativement maintenir son score précédent autour de 10 % s'il veut continuer à exister dans le paysage politique et retrouver quelques couleurs. Or il est miné par des dissensions internes qui ont entraîné le départ de cadres historiques du mouvement, comme Julien Martinez, Martine Lehideux et jusqu'au fidèle d'entre les fidèles, Carl Lang, écarté dans le Nord au profit de Marine Le Pen.
Euroscepticisme
Crédité d'un score de 6 % pour ce scrutin, il serait talonné par la liste Villiers (5 %). Mais le FN compte bien surfer la vague de la crise économique et sociale qui secoue le pays sur le mode « Ça fait trente ans qu'on vous le dit, l'Europe détruit des emplois et si on avait écouté le FN on n'en serait pas là », pour rallier des suffrages.
Le parti de Jean-Marie Le Pen se retrouve sur un terrain qu'il affectionne particulièrement, celui de l'euroscepticisme, dont il a fait une partie de son fonds de commerce et dont il entend démontrer qu'il débouche sur une immigration sauvage et une insécurité grandissante. Basant sa campagne sur un « protectionnisme raisonné », le FN compte donc sur ce scrutin pour reconquérir l'électorat que lui avait raflé Nicolas Sarkozy et qui, assure Louis Aliot, est aujourd'hui perdu dans de vaines promesses.
Auteur : J.-M. V.